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La demeure du mercenaire

Unmei no higeki

Akaro découvre sa nouvelle maison ainsi que son nouveau statut au sein du royaume. Mais derrière ce confort inattendu, ses pensées restent tournées vers une seule chose : l’entité.

À l'extérieur

« Monsieur Yami !! »

Akaro se retourna, lassé qu'on l'appelle par ce nom.

« Quoi ? »

« J'ai oublié mes bonnes manières. Je me nomme Suzuki Isao. Ma femme, Emi Suzuki, et mon fils, Tatsuo Suzuki. »

« Yami... Sora. » Je n'ai pas encore l'habitude de donner mon nom. Encore moins un faux.

La famille Suzuki ferma la boutique et rentra chez elle, heureuse. 'Sora', ou plutôt Akaro, rentra lui aussi à son nouveau domicile. À l'intérieur de la cour, au seuil de sa porte, il vit une boîte contenant sa tenue officielle avec un mot de la princesse.

Il était écrit :

« À présent, tu porteras cette tenue. Tes horaires sont de 6 heures à midi. Et ce tous les jours, tant que je n'ai pas de mission spécifique à te confier. Tu te rendras au grand terrain d'entraînement, là où tu t'es fait remarquer. Demain, sois présent à 6 heures pile. Même avant. On te montrera le groupe que tu entraîneras. Et pour ta paye, elle s'élève à 120 pièces d'or. Si tu n'arrives pas à t'en rendre compte, c'est suffisant pour manger 3 repas par jour pendant plus de 3 mois. Ah, et discrétion totale sur ton identité ! - de la princesse Yukiko. »

« Bavarde à l'écrit celle-là. »

Il prit la boîte et entra chez lui.

La demeure était tout aussi charmante à l'intérieur qu'à l'extérieur. Les murs revêtaient un papier-peint subtilement doré, orné de motifs évoquant la royauté. Le sol, d'un carrelage clair, capturait partiellement les reflets du plafond. De part et d'autre de l'entrée se dressaient deux majestueux escaliers, conçus à partir d'un bois d'une qualité exceptionnelle, et conduisant au premier étage.

Au cœur de l'espace, une porte ouvrait sur un vaste salon qui invitait aux repas. À partir de ce salon, un accès menait à la cuisine. De part et d'autre des escaliers, un couloir débouchait sur des chambres pour les invités ainsi que sur des salles de bains. Au premier étage, quatre chambres spacieuses étaient rehaussées par une grande salle de bains, le tout conservant le même style que le rez-de-chaussée.

Le troisième étage était spécifiquement dédié aux activités professionnelles. Plusieurs bureaux étaient aménagés, mais Akaro souhaitait les transformer en salles d'entraînement. Après tout, en quoi cela aurait-il pu bénéficier à un épéiste tel que lui d'avoir des bureaux réservés à la paperasse ?

Akaro découvrit qu'il y avait un serviteur répondant au nom de Boz, ainsi qu'une servante, Frija. Les deux étaient dans une tenue classique, et leur personnalité était plutôt très calme, discrète et réservée.

La première nuit dans cet maison, Akaro la passa dans le balcon de sa chambre. Là, il pensait.

L'entité est apparue... Cette épée, elle l'a lancée depuis le lac, en dehors de la ville. C'était beaucoup trop fort, et trop précis pour que je puisse en faire de même. Cette entité dépasse l'entendement.

Noyé dans son raisonnement, Akaro leva les yeux au ciel. Il observait les étoiles en silence, tout en calmant ses pensées.

Le jour où je suis devenu épéiste, j'ai déjà dépassé le stade de simple humain. Le jour où j'ai acquis la capacité de voir les points faibles de mes adversaires, j'ai dépassé le stade de simple épéiste.

De par mes innombrables combats, j'ai dépassé le stade de maître épéiste. Dans plusieurs lieux, je suis même considéré comme une légende. Mais pour battre une telle entité, il va me falloir dépasser ces stades.

Akaro inspira profondément, puis expira. Il trouva finalement une fin à son raisonnement, et se prépara à aller dormir. Juste avant de fermer les yeux, il regarda son arme principale.

Et aujourd'hui ? À combien de pourcent mon taux de victoire s'élèverait contre lui ?