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La vraie interlocutrice

Kurokafu

Je ne m’arrêtai qu’aux passages que je jugeais pertinents.

Page 34

« Elle a tué un lièvre à six ans. »

« Je ne sais pas si je dois pleurer ou m’enfuir. Ou rester. »

« Elle parle de sa mère comme on parle d’un souvenir qu’il faut enfermer dans une boîte. Pas de haine, pas de tendresse. Juste… un mur. »

« Est-ce que ça peut vraiment suffire, la logique ? Est-ce que tuer une part de soi rend le reste plus stable ? Ou juste plus vide ? »

« Je n’ai pas osé poser toutes mes questions. »

« Questions à creuser plus tard : »

« Est-ce que tuer pour survivre enlève la culpabilité ? »

« Peut-on être forte sans devenir froide ? »

« Est-ce que “ressentir” est toujours une faiblesse dans ce monde ? »

« Pourquoi moi ? Pourquoi m’avoir choisie, alors que je doute autant ? »

Page 35

« Elle a failli refuser de dessiner quelque chose d’imparfait. »

« Je pense que c’est ça, son gouffre. Elle ne veut pas que le monde laisse de traces qu’elle n’a pas choisies. »

« J’ai noté une chose étrange : elle corrige les mots, même dans la conversation. Si je dis “j’ai l’impression”, elle répond “tu as perçu”. Elle choisit des termes nets, tranchés, opérants. C’est comme une chirurgie de la pensée. »

« J’aimerais bien lui dire que son silence, parfois, me fait plus peur qu’une insulte. Mais je crois que je vais attendre un peu. »

« Je ne sais pas si elle se protège ou si elle nous teste tous. »

Page 36

« J’ai compris : elle ne veut pas des gens qui l’admirent. Elle veut des gens qui tiennent face à elle. »

« Mais est-ce que c’est humainement possible ? Est-ce que je vais finir par devenir comme elle si je reste trop longtemps ? Ou est-ce qu’elle attend que je résiste, justement pour ne pas devenir elle ? »

« Est-ce que quelqu’un lui a déjà demandé si elle souffrait ? Et si oui… est-ce que ça lui a servi à quelque chose ? »

Je refermai le carnet et le posai devant la place qu’elle occupait quelques minutes plus tôt.

Quinze minutes passèrent.

Des pas discrets précédèrent son retour.

Sena entra, droite, peignée et plus concentrée qu’à son départ. Elle referma les portes derrière elle.

— Je suis de retour.

Elle s’avança de quelques pas, puis s’arrêta.

— Et j’ai réfléchi à ce que tu m’as dit.

Je poursuivis mon annotation.

— Je dois respecter le contrat, les limites d’accès et les consignes de sécurité. Mais je ne suis pas ici pour te plaire, approuver tes conclusions ou adopter les habitudes de tes agents. Je dois observer, comprendre et poser mes questions.

Elle marqua une courte pause.

— Je ne suis pas une agente. Je ne suis pas obligée de penser comme toi. Si quelque chose ne me paraît pas logique, mon travail, c’est justement de te le dire.

Je ne répondis pas.

Elle continua :

— Hier soir, j’avais tout préparé : mes vêtements, mon badge, mon carnet… Puis j’ai commencé à lire les dossiers que tu avais laissés à ma disposition.

Elle baissa brièvement les yeux.

— Je pensais que mieux comprendre ton fonctionnement m’aiderait à poser des questions plus pertinentes. J’avais organisé toute mon analyse, mais j’ai oublié le badge qui me permettait simplement de rentrer dans ma chambre.

Elle souffla par le nez.

— J’avais organisé ma tête. Pas ma porte.

Je continuai d’écrire.

Elle observa la pièce.

— J’ai remis les dossiers dans l’ordre indiqué.

Son regard dériva vers la salle de bain.

— Silice avait déjà terminé son rapport. J’ai aperçu le montant lorsqu’elle l’a déposé sur ton bureau.

Elle grimaça légèrement.

— Je ne pensais pas que quelques flacons et pigments pouvaient coûter aussi cher.

— Elle s’occupe du réapprovisionnement.

— Je m’en doutais. Elle avait déjà presque tout remplacé avant que j’aie terminé de ranger.

Sena hésita.

— Elle ne m’a rien dit.

Elle regarda vers la salle de bain.

— Mais je crois que son regard suffisait.

Je posai les yeux sur son carnet.

Elle suivit mon regard.

— Tu l’avais depuis tout à l’heure ?

— Oui.

— Tu as lu ?

— Tu as désigné ce carnet comme support de mission.

Elle resta silencieuse quelques secondes, puis acquiesça.

— Je sais. J’ai accepté cette clause. Je ne pensais simplement pas que tu commencerais dès ce matin.

— La possibilité que je le lise ne doit pas modifier ce que tu y écris.

— Je l’avais compris en signant. Le vivre est différent.

— As-tu commencé à étudier le dossier d’Iori Masane ?

Elle récupéra son carnet.

— Oui. J’ai lu le rapport, les trois recommandations et ton verdict. Je n’ai pas encore terminé.

Je fis pivoter légèrement l’un des écrans.

— Installe-toi. Tu verras mieux d’ici.

— Mais… c’est ta place.

— Ce n’est qu’une chaise. La qualité du travail ne dépend pas de la personne qui l’occupe.

Je me dirigeai vers les étagères tandis qu’elle prenait place derrière mon bureau.

Je saisis un petit ouvrage aux coins usés.

Une fable illustrée.

Son format enfantin ne diminuait ni la cohérence de son message ni les contradictions qu’il pouvait contenir.

Je m’installai sur le canapé et commençai ma lecture.

Sena parcourut les rapports, revint plusieurs fois sur les enregistrements et ajouta de nouvelles notes dans son carnet.

Trente minutes plus tard, elle cessa de faire défiler les pages.

Son regard resta posé sur moi plusieurs secondes.

Je refermai le livre.

Elle quitta ma chaise et vint s’asseoir à l’autre extrémité du canapé.

— Pourquoi m’avoir donné ce dossier en premier ?

— Il contient une information découverte après l’émission d’un ordre, plusieurs interprétations possibles de la responsabilité de l’agent et une conséquence irréversible que le protocole ne définissait pas correctement.

— Et la femme enceinte ?

Elle resserra les doigts autour de son carnet.

— Tu ne vas pas me dire que le lien avec mon histoire est une coïncidence.

— Non.

— Alors tu savais que ça me toucherait.

— Oui.

— Tu voulais me faire réagir.

— Je voulais déterminer ce que tu ferais lorsqu’un dossier recouperait ton histoire sans te donner accès à toutes les informations.

Je posai le livre sur la table basse.

— Tu pouvais condamner ma décision parce qu’elle te touchait, l’accepter parce qu’elle venait de moi ou reconnaître précisément ce que tu savais et ce que tu ignorais.

— Et si j’avais immédiatement demandé pourquoi cette femme avait été condamnée ?

— Je t’aurais répondu que cette information était restreinte. La qualité de ton travail dépendait de ce que tu aurais fait ensuite.

Elle resta silencieuse.

— Une affaire qui ne t’affecte pas mesure uniquement ta capacité à analyser à distance. Ta fonction t’exposera également à des décisions qui recoupent ton histoire, tes valeurs ou tes relations.

Je désignai son carnet.

— Dans ces situations, tu devras distinguer ce que tu ressens, ce que tu sais et ce que les faits te permettent réellement de conclure.

Elle baissa les yeux vers ses notes.

— Et si je n’y arrive pas ?

— Tu peux suspendre l’étude du dossier ou mettre fin à l’expérience. Une difficulté rencontrée aujourd’hui ne démontrerait pas que tu en es définitivement incapable.

Elle tourna quelques pages de son carnet sans les lire.

— Ce que tu as découvert hier soir provenait d’observations extérieures, repris-je. Plusieurs agents interprétaient mes gestes comme les manifestations d’une souffrance ou d’une protection que je ne leur avais jamais décrites.

Je désignai les pages consacrées à mon enfance.

— Tu as reproduit le même raisonnement.

Elle releva la tête.

— Tu voulais me comprendre, mais tu ne m’as pas comprise. Tu t’es fait une idée. Tu m’as imaginée.

Le silence reprit.

Je récupérai mon livre et retournai derrière mon bureau. Je le posai à côté des dossiers en cours.

Sena resta assise quelques instants, puis se leva et vint se placer devant moi.

— Cette affaire m’a atteinte.

— Je l’avais anticipé.

— Et tu l’as quand même choisie.

— Oui.

— Tu parles comme si ça ne comptait pas.

Elle soutint mon regard.

— Tu savais que j’aurais du mal à rester extérieure.

— Je ne te demande pas de rester extérieure.

Elle fronça les sourcils.

— Je te demande d’identifier l’influence de ta propre histoire sur ton analyse. Une émotion reconnue peut être intégrée à l’examen. Une émotion confondue avec une preuve le fausse.

Elle serra son carnet contre elle.

— J’ai besoin d’un peu de temps avant de continuer.

— Prends-le.

— Je reviendrai.

Elle quitta le bureau et rejoignit sa chambre.

La porte se referma derrière elle.

Je repris les dossiers laissés en attente.

Rien ne nécessitait que je la suive. Son contrat lui permettait d’interrompre l’exercice, de le reprendre ou de mettre fin à l’expérience.

Le prochain choix lui appartenait.

Dans la salle de bain, Silice procédait déjà au réapprovisionnement des produits endommagés.

Quelques minutes plus tard, le livre que j’avais posé à côté des dossiers n’y était plus.

Sena l’avait probablement emporté dans sa chambre.

Rien ne justifiait de le récupérer immédiatement.

Le silence du bureau n’était troublé que par le cliquetis du clavier, le froissement des pages et le fonctionnement discret de la ventilation.

Chaque rapport devait être distingué des conclusions qui l’accompagnaient. Chaque fait devait pouvoir être retrouvé, vérifié et confronté aux autres.

Les heures s’écoulèrent au rythme des systèmes du bâtiment et du passage régulier du tramway.

Rien ne nécessitait d’être précipité.

Rien ne justifiait non plus d’être retardé.

À midi, la porte s’ouvrit presque sans bruit.

Une femme de chambre entra, discrète comme une ombre, portant un plateau.

Elle déposa devant moi un filet de poisson blanc poché, accompagné d’une purée de céleri-rave relevée d’huile d’olive et d’une feuille de sauge. Une coupe d’eau infusée au thé vert complétait le repas.

Je levai les yeux vers elle.

Elle inclina légèrement la tête, puis quitta la pièce.

Je mangeai sans interrompre plus longtemps que nécessaire le traitement des dossiers.

Dès la dernière bouchée avalée, je repris les rapports, les faits qu’ils contenaient et les décisions qui restaient à traiter.

L’après-midi commençait lorsque la porte s’ouvrit de nouveau.

Sena entra.

Elle portait toujours son pyjama rose pastel.

Ses cheveux avaient été recoiffés. Sa chambre était rangée. Le carnet qu’elle tenait contre elle contenait plusieurs pages supplémentaires.

Elle s’arrêta devant mon bureau.

— J’ai continué à lire.

— Et ?

— Je comprends pourquoi tu n’as pas condamné Iori.

Elle ouvrit son carnet.

— L’ordre concernait une personne. En tirant, il aurait aussi tué l’enfant. Il a signalé la grossesse, il n’a pas laissé la cible s’enfuir et il a attendu la relève.

Elle releva les yeux.

— Donc il n’a pas abandonné sa mission. Il a empêché l’ordre de tuer quelqu’un qu’il ne visait pas.

— Correct.

Elle tourna une page, puis fronça les sourcils.

— Mais il manque quelque chose d’énorme.

— Quoi ?

— Pourquoi cette femme doit mourir.

— Cette information ne t’est pas accessible.

Elle referma presque son carnet, puis s’arrêta.

— Alors comment je suis censée juger le reste ?

— Tu ne l’es pas.

— Pardon ?

— Le dossier qui t’a été confié porte sur Iori Masane et sur les conditions d’application de l’ordre. Il ne porte pas sur la culpabilité de la cible.

— Mais tu maintiens sa condamnation.

— Son cas a été jugé avant ton recrutement. Les faits, les preuves et les raisons ayant conduit à son élimination appartiennent à un dossier distinct concernant une cible extérieure toujours active. Ton contrat ne t’autorise pas à consulter ces informations.

— Donc je dois simplement croire que la décision était bonne ?

— Non.

Elle attendit.

— Tu dois constater que tu ne disposes pas des éléments nécessaires pour l’évaluer. Ce n’est pas la même chose.

Elle resta silencieuse quelques secondes.

— Alors ce que je peux examiner, c’est uniquement ce qu’Iori a fait lorsqu’il a découvert la grossesse.

— Ainsi que la manière dont cette information modifiait l’application matérielle de l’ordre.

Elle consulta ses notes.

— Il y a quand même un passage que je ne comprends pas. Tu dis que l’exécution pourra reprendre après la naissance.

Elle releva la tête.

— Kurokafu va surveiller toute la grossesse ?

— La cible restera sous surveillance jusqu’à l’accouchement. Kurokafu n’interviendra ni dans ses soins ni dans la naissance.

— Alors qu’est-ce qui change exactement une fois que l’enfant est né ?

— L’exécution de la mère ne provoquera plus celle de l’enfant.

Sena demeura silencieuse.

— C’est donc uniquement pour ça que la sentence est suspendue.

— Oui. L’ordre visait une personne. Tant que son application en tuerait également une seconde, il ne peut pas être exécuté.

— Et après l’accouchement ?

— La condamnation redevient applicable.

— Vous ne vous occupez pas de ce qui arrive ensuite à l’enfant ?

— Non. Sa prise en charge relève de son père, de ses proches ou, à défaut, des organismes compétents de la ville. Kurokafu n’a aucune raison d’intervenir dans cette procédure.

Elle baissa les yeux vers ses notes.

— Donc vous ne protégez pas spécialement l’enfant après sa naissance. Vous empêchez seulement que l’exécution le tue avant.

— Correct.

Elle écrivit quelques mots.

— Et si un cas semblable s’est déjà produit avant Iori ?

— La réforme du protocole a été accompagnée d’une demande de vérification des opérations comparables. Les dossiers concernant encore des cibles extérieures actives ne te seront pas transmis.

Elle pinça légèrement les lèvres.

— Tu avais déjà pensé à ça.

— Oui.

— Et à l’accouchement.

— Oui.

— Et au fait que je n’aurais pas accès aux raisons de la condamnation.

— Évidemment.

Elle referma son carnet.

— Alors qu’est-ce que j’étais censée trouver ?

— Pas nécessairement une erreur.

Elle fronça les sourcils.

— Tu devais déterminer ce que le dossier te permettait réellement de conclure.

Je fis apparaître les documents concernés sur l’écran.

— Tu pouvais examiner le comportement d’Iori parce que les faits nécessaires t’étaient fournis. Tu ne pouvais pas examiner la condamnation initiale de la cible parce que ses motifs restaient restreints.

— Donc je ne dois ni supposer que tu as raison, ni supposer que tu caches une injustice.

— Tu dois constater que tu ne sais pas.

Elle regarda ses notes.

— C’est beaucoup moins satisfaisant.

— Cela ne le rend pas moins exact.

— Je sais.

Elle soupira.

— Mais ça reste frustrant.

— Oui.

Elle sembla surprise par la réponse, puis un léger sourire apparut.

Un signal interrompit la pièce.

Le Phoneutria numéro huit apparut sur l’interface.

— Votre séance peut commencer.

Je consultai l’heure.

Vingt minutes d’avance.

— J’arriverai à l’heure prévue.

La liaison fut coupée.

Je reportai mon attention sur Sena.

Mon regard descendit vers sa tenue.

— Explique-moi pourquoi tu es revenue dans ce pyjama.

Un sourire apparut immédiatement sur son visage.

— Parce que tu ne parlais pas réellement du pyjama.

Elle baissa les yeux vers le tissu rose, visiblement satisfaite, puis releva la tête.

— Tu voulais sûrement dire quelque chose du genre : « Reviens sans te comporter comme une enfant. » Range ce que tu as dérangé, arrête d’attendre que quelqu’un te gronde et reviens capable d’assumer ton travail.

Elle souleva son carnet.

— J’ai remis les dossiers en ordre. J’ai pris connaissance du rapport de Silice, même si elle s’occupe elle-même des produits. Et j’ai continué à lire au lieu de revenir seulement pour m’excuser.

Elle écarta légèrement les bras pour désigner sa tenue.

— Donc je pouvais parfaitement revenir avec le même pyjama.

— Correct.

Son sourire s’élargit.

— Je le savais !

Elle se reprit presque aussitôt.

— Enfin… je pensais l’avoir compris. Mais je n’étais pas complètement certaine avant que tu le confirmes.

— Tu l’as correctement interprété.

Elle serra son carnet contre elle, manifestement satisfaite.

— Alors j’ai enfin réussi à lire entre tes lignes.

— Sur cette phrase, oui.

— Ça compte.

— Oui.

Elle regarda de nouveau son pyjama.

— Donc tu n’as vraiment aucun problème avec la couleur ?

— Elle n’a produit aucun effet négatif sur ton travail.

— Parfait. J’aime bien ce pyjama.

Je me levai.

— Change-toi.

Son sourire disparut.

— Pourquoi ? Tu viens de dire qu’il ne posait aucun problème.

— Dans ce bureau.

Je désignai les manches amples et ses pieds nus.

— La zone d’entraînement impose des chaussures fermées et des vêtements qui ne risquent pas de gêner tes mouvements.

Elle regarda sa tenue.

— Là, tu as une vraie raison.

— Oui.

Je me dirigeai vers ma chambre.

— Tu viens avec moi.

— Où ça ?

— À mon entraînement.

Elle regarda l’interface sur laquelle l’appel du Phoneutria venait de disparaître.

— Je peux observer ?

— C’est la raison de ta présence.

Elle récupéra son carnet.

— Je peux prendre des notes ?

— Tant qu’elles ne perturbent pas la séance.

— J’arrive.

J’entrai dans ma chambre pour me changer.

J’enfilai une combinaison noire renforcée, conçue pour l’efficacité : tissu anti-perforation, zones flexibles aux articulations et gilet tactique brodé du sigle du Département.

Je fixai des protections légères sur mes bras, attachai mes cheveux en chignon et plaçai une oreillette cryptée dans mon oreille.

Le manteau et le titre ne disparaissaient pas avec ma tenue.

Dans la zone d’entraînement, ils ne devaient cependant modifier ni les règles appliquées ni la liberté du formateur de me corriger.

Je restais Kurokafu.

Je devais simplement être traitée selon les mêmes exigences que les autres participants.

Lorsque je sortis, Sena m’attendait devant le bureau.

Elle avait remplacé son pyjama par un pantalon, un haut ajusté et des chaussures fermées.

Son regard parcourut ma combinaison et les protections fixées à mes bras.

— Ton entraînement nécessite vraiment tout ça ?

— Oui.

— Je dois porter quelque chose de particulier ?

— Ta tenue est suffisante tant que tu restes dans la zone qui te sera indiquée.

Elle serra son carnet contre elle.

— Et qu’est-ce que tu vas faire exactement ?

Je me dirigeai vers l’ascenseur.

— Tu verras.

Les portes s’ouvrirent.

Elle entra à ma suite.

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