Ce chapitre spécial et canonique sera en cinq parties, il ne se passe pas en même temps que la trame actuelle de publication. Vous le découvrirez sûrement plus tard.
Début du récit
Voici maintenant deux années que j'ai passé à infiltrer l'organisation criminelle Azplent, une entité qui n'a pas hésité à défier l'autorité de Kurokafu par le passé. Aujourd'hui, le moment est venu pour moi de quitter ces sombres couloirs.
Je suis un Luminara, un éclaireur parmi les ombres. Mon nom n'a pas d'importance, car dans notre monde clandestin, les noms sont des luxes que nous ne pouvons nous permettre.
Pendant ces deux années d'infiltration, j'ai gravi les échelons avec habileté. J'ai été perçu comme le pilier du groupe, celui sur qui l'on pouvait compter en toute circonstance. Sous ma couverture, j'ai endossé le rôle de mentor pour les nouvelles recrues, guidant leur formation et facilitant leur intégration au sein de l'organisation. Ironiquement, j'ai également été chargé de traquer et de punir les traîtres, une tâche qui résonnait d'une ironie amère compte tenu de ma véritable allégeance.
J'étais devenu le gardien de la morale, érigeant des principes que moi-même je n'ai pas respectés. La loyauté, un concept que j'étais censé défendre, est devenue une ombre fugace dans mon esprit tourmenté par la dualité de mon existence.
La raison de mon départ est un mail que j’ai reçu qui m’indiquait que ma mission était terminée. Un autre Luminara est même venu me prévenir que je devais rentrer faire mon rapport.
Demain dès l’aube, je quitterai l’organisation, comme si je n’avais jamais existé, comme si mes pas n'avaient jamais foulé ces terres. Ma conscience ne cesse de me demander si j’ai des remords. Mais je n’en ai aucun. Je fais juste ce que j’ai à faire.
Dans l'obscurité glaciale de la nuit, j'attends dans une ruelle sombre, dissimulé aux yeux du monde.
L’aube commençait à peine à se faire sentir, qu’une voiture s'arrête devant moi. Le moteur ronronne doucement, lorsqu’un homme en sort du véhicule.
« Vous avez des affaires à ranger ? »
« Je n’en ai aucune. » lui dis-je. Nous rentrons alors dans la voiture et partons en direction du repaire principal de Kurokafu.
Le Caméléon qui me conduisait n’est pas du tout bavard, ce qui me laisse l’opportunité de récupérer mes nuits, car je n’ai pas fermé l'œil depuis maintenant deux jours.
Après un sommeil long mais trop court, il me tire doucement de mon repos pour m'annoncer notre arrivée.
Les paupières lourdes, je peine à m'habituer à la lumière éclatante du midi qui filtre à travers les vitres de la voiture. Alors que le véhicule s'engage dans un tunnel obscur, nous semblons nous enfoncer dans les entrailles de la montagne, loin de toute civilisation.
La transition est abrupte : la lumière naturelle laisse place à un éclairage artificiel qui baigne le tunnel dans une lueur froide et impersonnelle. À mesure que nous avançons, d'autres passages se révèlent, entremêlant l'espace dans une complexité qui rappelle un labyrinthe, une toile d'araignée urbaine tissée dans les profondeurs de la terre.
Je m'étonne de la familiarité avec laquelle le Caméléon navigue à travers ce dédale de tunnels. Chaque courbe, chaque intersection semble inscrite dans sa mémoire, comme si cet enchevêtrement souterrain était sa seconde nature. Au fil de notre progression, des gardes se matérialisent, émergeant des ombres à intervalles réguliers. À chaque contrôle, nos identités sont scrupuleusement vérifiées, marquant notre avancée par des haltes fréquentes.
Finalement, après une heure de descente dans les entrailles de la montagne, nous émergeons dans un immense parking souterrain. C'est l'un des repaires favoris des Caméléons, un havre d'anonymat dans les méandres de l'organisation. La voiture se gare, et nous nous séparons à cet endroit, comme deux étrangers se croisant dans l'ombre d'une cité inconnue.
La scène est remplie d'une foule hétéroclite, chacun portant sans doute ses propres secrets à protéger, et d'autres avec des missions dont la réussite est synonyme de survie. Dans cet environnement qui mélange tous les statuts, il vaut mieux éviter les regards curieux et les interactions superflues.
Dans cet immense parking, une myriade d'entrées et de sorties s'étalent devant moi, chacune représentant une voie vers l'inconnu ou un retour à la sécurité de l'obscurité souterraine. Rien n'avait changé depuis ma dernière visite il y a deux ans, du moins pas dans cet endroit. Des pancartes cryptiques en écriture Kurokafu ornent les murs, révélant les destinations de chaque tunnel. La plupart mènent simplement à l'extérieur ou à d'autres points d'accès au réseau, mais certains offrent des passages directs vers les gares, les zones urbaines et même les grandes villes environnantes.
Il faut savoir que l’endroit où m’a déposé le Caméléon est l’endroit où les gens comme lui se chargent d’aller chercher, déposer les personnes. Il s’agit en quelque sorte de l’accueil de l’organisation.
Chaque tunnel, en dehors des voies d'entrée et de sortie, est doté de deux lignes de wagons, prêts à transporter les membres de l'organisation vers leurs destinations, puis à les ramener.
Je me dirige alors vers le tunnel principal, celui qui va me permettre de m’enfoncer dans le cœur de l’organisation. Si on continue à suivre cette pancarte jusqu’au bout, il nous mènera à la zone de Kurokafu, le chef. D’ailleurs, on ne sait rien de lui. Et je pense que ça n’a pas changé.
Après un autre contrôle d’identité, j'ai enfin pris le wagon.
Celui dans lequel je suis, est blindé. L’avantage par rapport aux transports en commun classiques, c’est qu’ici, on n'a pas à craindre les vols ou autre. Mais par prudence, on reste sur nos gardes. Car finalement, on ne sait jamais.
Arrivé dans la zone du chef de l’organisation, je remarquais l'agitation qui y régnait, avec au centre, toujours imposant, ce bâtiment majestueux, fortement sécurisé avec une énorme cour semblable à une gare, dans laquelle les wagons s’arrêtaient pour y déposer ses passagers. C’est là, sans aucun doute, que réside le chef.
Les tunnels qui s'étendent depuis cet endroit stratégique permettent de rejoindre directement plusieurs lieux clés de la structure souterraine, notamment tous les lieux menant à la zone des différents statuts. Cependant, ces voies ne sont accessibles qu'aux individus autorisés à rencontrer le chef ou à lui-même et ne possèdent qu’une seule ligne. Car les wagons font aller et retour. Mais nous, simples agents, sommes contraints de retourner à l'accueil ou de nous diriger vers les zones suivantes : Argiope et Phoneutria.
La connaissance précise de la hiérarchie est donc essentielle pour se déplacer librement à l'intérieur de l'organisation. Si par exemple je souhaite me rendre dans la zone des Caméléons, je vais devoir prendre le tunnel des Argiopes, puis celui des Misumena vatia, et enfin prendre celui des Caméléons.
Mais bon. Un Luminara qui se retrouve de ce côté n’est jamais bon présage. Moi, je me rends vers la zone des Saboteurs. J’attends alors le wagon allant à Phoneutria.
Après avoir patienter quelques minutes, j’arrive enfin à destination.
Un grand bureau s'offrait à ma vue alors que je franchissais la porte. À peine entré, je sens les regards scrutateurs peser sur moi, analysant chaque mouvement, chaque expression. C'est comme si je me retrouvais pris dans une toile d'araignée invisible, où chaque pas pourrait être une erreur fatale.
Un homme, parmi ceux qui semblent diriger ce lieu, remarque ma présence et s'avance vers moi d'un pas décidé. « Votre statut ? » me demande-t-il d'une voix qui ne laisse aucune place à la faiblesse. Bien que le vouvoiement me semble étrange, je comprends que c'est la norme ici, surtout qu’il ne connaît pas encore ma branche. Il se méfie sans doute du fait que je sois plus haut que lui.
Je sors mon badge et lui tends dans sa direction, observant attentivement sa réaction. Après quelques secondes son regard change : « Je vois, t’es celui qui a été envoyé dans le repaire numéro deux d’Azplent, on m’a déjà prévenu de ton retour. Le Saboteur chargé de toi est dans le bâtiment. Je vais l'appeler, pour savoir que faire de toi. »
Il emporte ma carte, me laissant momentanément en suspens. Je prends place sur une chaise, observant discrètement l'assemblée autour de moi. Les Veuves Brunes sont immédiatement reconnaissables, d’une apparence vulgaire et dominantes dans leurs interactions, leur regard acéré analysant tout et tous. Ce sont uniquement des femmes qui incarnent une sorte de froideur méprisante, bien que je sache qu'il s'agit là d'un cliché peut-être trop facile.
À distance prudente, je note aussi la présence des Faucheurs. Il vaut mieux éviter toute conversation avec eux. Comme leur surnom l'indique, ils semblent dépourvus de toute émotion, programmés uniquement pour tuer et obéir. Bien que tous les agents de Kurokafu soient entraînés pour être des instruments efficaces de leur mission, les Faucheurs sont sculptés dans un moule particulièrement impitoyable.
Et enfin, les personnes présentent en majorité, les Saboteurs, un groupe dont les membres ne sont pas aisément identifiables. La plupart arborent l'allure typique d'informaticiens, tandis que d'autres démentent ce stéréotype par leur carrure d'athlètes. Cela n'est pas surprenant : sous la bannière des Phoneutria, nous sommes aussi et surtout des agents de terrain, prêts à intervenir physiquement autant qu'à manipuler les données.
Il y en avait sûrement pleins issues d’autres branches, mais pas le temps d’en faire une analyse, car le Saboteur revient avec mon badge. En tout cas, ce qui est sûr, c’est que tout le monde ici, travaille sur une mission. Aucun déplacement n’est fait au hasard, ou par simple soif de curiosité, tous ont un but, et chacun est là où il est pour faire un pas vers son accomplissement.
« Donc tu es parti deux ans ? Bon retour parmi nous. Le Saboteur te demande de monter au quatrième étage, porte 416. Assure-toi d’avoir toutes les données de ta mission. »
Je hoche la tête, reprend mon badge et me dirige vers l'ascenseur. Je n’étais pas le seul à l’attendre. Il y avait une Veuve Brune. Je peux sentir son regard se balader de haut en bas, mais je fais comme si de rien était. Je refuse d’attirer l’attention.
Une fois à l'intérieur de la cabine, elle se place face à moi, dos aux portes. « Je ne vais pas te tuer, tu sais ? Tu peux parler, » lance-t-elle d'un ton mi-sérieux, mi-moqueur. Je me contente de la fixer, choisissant le silence pour réponse. Elle insiste : « Oh, allez... Vous, les sous-fifres des Phoneutria, êtes vraiment coincés. »
« Coincés, peut-être, mais au moins, on reste en vie plus longtemps, » répliqué-je.
Un sourire en coin apparaît sur son visage. « Tiens, vous avez de l'humour ? Très drôle, monsieur le Luminara. Tu veux savoir qui détient les meilleurs taux de réussite et de survie dans les missions ? »
Je garde le silence, connaissant déjà la réponse. Les Veuves Brunes dominent dans ces statistiques. Voyant que je ne réponds plus, elle se tourne pour faire face aux portes qui s'ouvrent sur le deuxième étage. « Je respecte vraiment votre travail chez les Luminara, vous m'avez sorti de bien des situations. »
Alors que les portes s'apprêtent à se fermer, elle bloque leur fermeture et poursuit : « Je vais te donner un conseil, et tu en fais ce que tu veux : pense à te reposer. Je sais, Kurokafu n’est pas vraiment l'idéal pour ça. »
Finalement, elle retire sa main, laissant les portes se fermer. Son conseil est ironique, car pour nous, les Luminara, le repos n'est autorisé par les Saboteurs qu'après une période de travail intense et fructueuse. Se reposer, c'est souvent synonyme d'inutilité, et l'inutilité peut mener à la mort.
Je me dirige lentement vers la porte indiquait. Je frappe, une fois, deux fois et enfin une troisième fois, le tout espacé d’une seconde. C’est une façon de faire chez les Saboteurs.
La porte s'ouvre avec un grincement discret, révélant un intérieur sombre et chargé d'électronique. L'homme derrière la porte ajuste son holster, glissant son arme à sa ceinture avec une habileté qui trahit des années de pratique. Ses yeux scrutent les alentours avant de se fixer sur moi, évaluant rapidement la menace potentielle que je pourrais représenter.
Nous échangeons une poignée de main à la Kurokafu, avec le pouce levé, puis il fait signe de la tête, m'invitant à entrer. « Entre, vite. On n’aime pas laisser la porte ouverte trop longtemps ici, » dit-il avec une pointe de sérieux teintée d'urgence. Son bureau est un mélange d'écrans de surveillance et de gadgets technologiques, certains clignotant avec des données qui défilent trop rapidement pour être lues d'un simple coup d'œil.
Je franchis le seuil, la porte se refermant doucement derrière moi, scellant l'espace confiné dans un cliquetis sécurisant. La pièce est faiblement éclairée, juste assez pour distinguer les contours de multiples écrans et le visage concentré de mon hôte.
« Alors, le trajet était bon ? » demande-t-il en s'asseyant derrière son bureau, ses doigts pianotant déjà sur un clavier, prêts à plonger dans ses multiples tâches tout en m'écoutant.
« Oui, il l’était. »
D’un coup, il s’arrête d’écrire, et me regarde droit dans les yeux : « Alors, c’est deux années à Azplent ? »
Un Saboteur derrière un écran s’en fiche de ce qui peut sortir de la bouche d’un Luminara, tout ce qui l’intéresse sont des données numériques. Je sors alors ma carte SD, dans laquelle je stockais toutes les données de ces deux dernières années. Je le lui ai remis, un sourire se dessinant sur son visage.
« Parfait, voyons voir ça. » Le Saboteur insère la carte SD avec précaution et commence à naviguer dans les fichiers. Il agrandit l'écran et des lignes de code commencent à défiler rapidement. Après quelques instants, il commence à énumérer les types de données qu’il peut extraire.
« Voyons voir... Nous avons ici les schémas de sécurité de tous les bâtiments d'Azplent, y compris les alarmes et les caméras de surveillance. C'est toujours utile. » Il clique sur un fichier, ouvrant un plan détaillé d'une installation complexe.
Il continue, « Ah, et là, les logs de communications internes. Cela pourrait révéler des motifs intéressants, surtout si on repère des anomalies ou des échanges cryptés fréquents. » Son index glisse sur la souris, sélectionnant d'autres dossiers.
« Et ici, nous avons les profils complets des employés clés : historiques, contacts, habitudes... tout ce qu'on peut vouloir pour comprendre qui tire les ficelles et comment les manipuler. Enfin bon, ce n’est pas notre rôle ça. »
Il s’arrête un instant pour changer d'écran, puis reprend, « Il y a également un ensemble de données financières. Transactions, investissements, peut-être même des informations sur des comptes offshore si nous creusons assez profondément. »
Le Saboteur hoche la tête et continue d'explorer les fichiers stockés sur la carte SD. Il ouvre un nouveau dossier, son expression devenant plus sérieuse.
« Ah, et voici quelque chose qui pourrait grandement nous intéresser. Il semble que nous ayons aussi accès à des dossiers sur les opérations prévues d'Azplent, y compris les détails sur leurs futurs plans d'attaques, les cibles et les stratégies envisagées. Cela nous donne une longueur d'avance non négligeable. »
Il clique sur un autre dossier, son regard scrutant l'écran. « Et ici, nous avons une liste détaillée des membres récemment disparus, incluant les circonstances de leur mort. Cela pourrait indiquer des faiblesses internes ou des conflits. »
Puis il ouvre un autre fichier. « Ce sont les informations sur les membres qui ont trahi l'organisation. On y trouve leur identité, les raisons de leur trahison, et ce qui leur est arrivé ensuite. C'est crucial pour comprendre les dynamiques internes et peut-être exploiter des dissensions. »
Il navigue encore, « Et voilà, la liste des nouveaux membres. Ça nous permet de voir qui monte dans l'organisation et pourrait devenir une cible ou un allié potentiel. »
Enfin, il affiche un autre document. « Et les grands décideurs... Les personnes qui tirent réellement les ficelles chez Azplent. Savoir qui ils sont nous offre une chance de déstabiliser toute l'organisation de l'intérieur. »
Le Saboteur me regarde avec un air de satisfaction, ses yeux brillant d'excitation face à la mine d'or d'informations qu’il vient de découvrir. « Bien, tu as vraiment fait du bon travail. Avec toutes ces données. »
Voyant qu’il avait manqué mes rapports je lui réponds : « j’ai aussi tenu un journal de bord. »
« Ouais j’ai vu, tu en as fait plus que nécessaire. Mais bon, je ne vais pas m’attarder dessus pour le moment. Sinon, dis moi, est-ce qu’ils ont mené des attaques contre Kurokafu ? »
« Justement. Jour 425, de mon journal de bord, ils ont capturé et tué des Caméléons. »
Le Saboteur se précipita dans le journal de bord, au jour indiqué. Il se mit à lire à haute voix : « Trois Caméléons assassinés dans un guet-apens. Leur code : CSD00412132, CSD10419543, CSD10341749. »
Le Saboteur tape rapidement sur le clavier, ses yeux scannant l'écran alors qu'il recherche les identifiants des Caméléons mentionnés. Il hoche la tête, concentré, tandis que les profils des agents tués s'affichent sur un autre écran.
« Voici nos Caméléons... effectivement assassinés lors de l'attaque décrite. » Il pointe du doigt les détails sur l'écran, son ton se faisant plus grave. « Tu aurais dû le signaler le jour même que c’était eux les assassins. »
« On nous a toujours appris à mener notre mission à sa réussite avant tout. Je n’ai donc rien fait qui risquerait de compromettre ma couverture. » répondis-je promptement.
Il soupire, une lueur de satisfaction dans son regard : « Ce n'est rien, tu as fait un excellent travail. Je vais transmettre ces informations au TRD. Avec ça, nos chefs envisageront certainement de lancer une offensive pour neutraliser Azplent. »
Il retire avec précaution la carte SD et la sécurise dans une armoire verrouillée par un code. Puis, se rassied et me fixe avec un sourire ambigu. « Tu seras grassement récompensé, bien joué et merci pour ton travail. »
Bien que chez les Luminara, comme chez les Arachniscorpus, les rémunérations soient parmi les plus élevées, la perspective de cette grosse prime est gratifiante, surtout après avoir couru tant de risques. Cependant, je ne peux me réjouir pleinement. Demain, peut-être que je serais mort.
FIN DE CHAPITRE
Chapitre terminé
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