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Le pacte

Unmei no higeki

Emprisonné puis libéré sous certaines conditions, Akaro rencontre finalement la princesse dans un échange tendu et mystérieux. Entre manipulation, secrets et méfiance, un étrange accord semble se former.

En prison, le soir

Le prisonnier se réveilla dans l’obscurité.

Quelques instants plus tard, une silhouette munie d’une lampe s’approcha de sa cellule.

— Te voilà enfin réveillé.

Il s’agissait du chef de la garde.

— Vous pensez vraiment que c’était une bonne idée de me laisser en vie ? demanda Akaro.

— C’est un ordre de la princesse, répondit-il d’un ton solennel.

Je ne fais qu’obéir.

Si cela ne tenait qu’à moi, je t’aurais tué dans ton sommeil.

— La prochaine fois, apprenez à écouter votre instinct d’épéiste.

Le chef de la garde sortit alors les clés de la cellule et ouvrit la porte.

Akaro le fixa intensément, prêt à l’achever à la moindre occasion.

— Ne tente pas de me faire du mal… ou tu mourras avant d’avoir obtenu les réponses que tu cherches, déclara le chef avec assurance.

Akaro fronça légèrement les sourcils.

— Je me disais bien qu’il y avait quelque chose…

Je me sens lourd.

— La princesse t’a fait signer le contrat qu’elle avait préparé, expliqua le chef.

Tu ne peux désormais blesser personne… jusqu’à la rupture du pacte.

— Où m’emmènes-tu ?

— Voir la princesse.

Dans la salle de la princesse

— Ça y est ? Tu t’es calmé ? demanda la princesse.

Akaro ne répondit pas.

Il préféra rester silencieux, observant attentivement ce qui allait suivre.

La princesse se tourna alors vers le chef de la garde.

— Vous pouvez nous laisser.

— Bien.

Le chef quitta immédiatement la pièce.

Un silence pesant s’installa.

Puis la princesse reprit calmement :

— D’abord, nous allons mettre un terme à ce contrat.

Elle prit le document et le brûla sous les yeux d’Akaro.

À l’instant où les flammes consumèrent le pacte, Akaro sentit immédiatement le poids oppressant qui pesait sur lui disparaître.

Il la fixa avec méfiance.

— Qu’as-tu derrière la tête ?

— Le conseil a saboté le contrat sans mon accord afin de te placer en position de faiblesse.

Ils avaient ajouté une clause stipulant qu’au moment où je te parlerais de l’Entité de l’Épée… tu mourrais.

Elle marqua une courte pause avant de poursuivre :

— Je n’ai qu’une seule parole.

Et je refuse d’être mêlée à ce genre de manigances.

Akaro croisa les bras.

— Je vois…

Alors, est-ce que vous allez enfin me révéler ce que je veux savoir ?

— Pas ce soir.

Demain.

— C’est une blague ?

— Non, répondit-elle avec le plus grand sérieux.

Mes neuf heures de sommeil sont importantes.

Akaro resta silencieux quelques secondes avant de répondre :

— Soit.

La princesse l’observa attentivement.

— Tu ne te demandes pas où est passée ton arme ?

— Elle est juste là.

Akaro tendit simplement le bras.

Son épée réapparut aussitôt dans sa main.

Les yeux de la princesse se plissèrent légèrement.

— Donc… même détruite, elle peut réapparaître…

Elle sembla réfléchir quelques instants avant de reprendre :

— Un serviteur va te conduire jusqu’à ta chambre.

Tu vas te reposer.

Quand tu te réveilleras, tu reviendras ici me voir.

Et tu n’as surtout pas intérêt à quitter le château.

Akaro la fixa longuement, presque stupéfait.

— Tu me fais confiance à ce point ?

— Pas du tout, répondit-elle immédiatement.

Mais tu as besoin de moi.

Donc je ne m’inquiète pas.

Un léger sourire apparut sur le visage d’Akaro.

— C’est vrai.

Mais méfie-toi toujours.

— Oh, ne t’en fais pas pour ça.

Serviteur !

Un domestique entra aussitôt dans la salle.

La princesse lui ordonna alors de conduire Akaro jusqu’à sa chambre.

Dans la chambre d’Akaro

Le serviteur s’inclina respectueusement.

— Si jamais vous veniez à désirer quoi que ce soit, je vous prie humblement de solliciter quelqu’un d’autre que moi.

— Je n’ai besoin de rien.

Le serviteur quitta alors la pièce en refermant doucement la porte derrière lui.

Akaro se retrouva seul.

Le silence de la chambre lui permit immédiatement de repenser à ce qu’il avait vu avant de perdre connaissance.

Ce rire…

Cette pression… ce visage…

Ce n’était pas humain.

On aurait dit une sorte de monstre.

Je n’ai encore jamais ressenti quelque chose d’aussi terrifiant.

Il resta allongé quelques instants, perdu dans ses pensées.

D’ailleurs… je n’ai pas réévalué le pourcentage de victoire contre la princesse.

Il faudra que je le fasse.

Et si tout cela avait un lien avec l’artefact qu’elle portait ?

Elle ne le portait plus tout à l’heure…

Est-ce cette chose qui lui donne l’avantage sur moi ?

Est-ce pour cela qu’elle me laisse circuler aussi librement ?

Son regard se perdit dans l’obscurité de la pièce.

Reste à voir ce qu’elle exigera en échange des informations que je veux obtenir…