Unmei no higeki
Après les révélations de Yukiko, la tension entre elle et Akaro change progressivement. Entre mépris, fascination et compréhension mutuelle, un étrange lien commence à se former entre deux êtres marqués par la violence.
Akaro se mit à fixer l'artefact.
Yukiko prit subitement la parole d'un air déterminé :
« J'essaie chaque jour de devenir plus forte ! »
Elle marqua une pause, laissant l'écho de sa voix remplir toute la pièce.
« L'année d'après, je me suis même rendue sur les lieux, seule pour aller à la rencontre de cette entité, pour lui montrer que je n'ai pas peur d'elle. »
« J'en déduis que tu ne l'as plus revue. »
« Oui. » dit la princesse en baissant le regard. « C'est comme s'il n'y avait jamais eu de massacre. Mais... Cet artefact que je porte constamment sur moi, est la preuve que ce jour a bel et bien existé. »
« C'est aussi l'objet qui prouve ta faiblesse. Le jour où tu seras enfin résolue à devenir plus forte, tu viendras me voir avec ton artefact, et tu le détruiras. Je serai témoin de ton réveil. Peut-être que tu as du potentiel après tout. Si j'avais été l'entité, je ne t'aurais pas laissée en vie si tu n'en valais pas la peine. »
La princesse resta silencieuse, ne sachant pas quelle décision prendre dans l'immédiat.
« Tu es courageuse je dois le reconnaître. Déjà pour être retournée à cet endroit. De ce que je sais des personnes que j'ai laissées en vie, elles ne finissent généralement pas bien, et se donnent la mort. Tu as même eu le cran de me faire face, lors de notre première rencontre. »
Akaro fit une courte pause, et reprit en faisant tourner une petite lame sur sa main.
« C'est un monstre semblable à l'entité de tes cauchemars qui te le dit. »
Yukiko regarda attentivement l'apparence d'Akaro.
« C'est vrai que quelque part tu lui ressembles. Ces cheveux noirs mi-longs qui sont en épis... Ce regard noir que tu jettes à chaque instant... Tes vêtements sombres, et le comble, le style de ton épée... »
Je me demande s'ils n'ont pas un lien. Je ne connais rien de lui pour le moment.
« Je me nomme Arashi Akaro. » Lui dit-il subitement.
Le sourire aux lèvres, elle lui répondit :
« Enfin je connais ton nom ! »
« Jamais personne ne souriait en me parlant. »
Akaro se leva, et se dirigea vers la porte de sortie.
« Ne t'attache pas à moi », poursuivit-il. « Ceux qui se battent finissent par connaître une fin tragique. »
« Le rapport ? » lui demanda la princesse.
L'épéiste posa sa main sur la poignée et lui dit :
« Tu comprendras sûrement quand tu en seras devenue une vraie. »
La princesse s'énerva.
« Je suis une épéiste ! Et tu penses que tu peux te balader en ville comme ça ? Tous les habitants attendent de savoir ce que je vais faire de toi ! »
« C'est vrai ça. »
Il tourna les talons, et regarda Yukiko avec un regard curieux.
« Que comptes-tu faire de moi ? »
La princesse se mit à sourire de façon étrange.
« Je vais t'utiliser pour améliorer nos troupes, et grâce à tes incroyables performances, nous aurons plus de poids lors des négociations avec les autres villes ! »
La princesse se tut, et réfléchit un instant.
« Pour faire comprendre aux autres villes, il faut d'abord faire connaître ton existence... Argh mais qui sait quels genres de problèmes tu as causé dans ces autres lieux ?... Ce serait trop risqué. »
Comment faire pour que les autres villes sachent que nous avons un super atout avec nous, sans que tout le monde nous en veuille d'avoir un assassin à nos côtés...
D'une voix glaciale et perçante, Akaro lâcha ses mots, sa présence empreinte d'une menace palpable :
« Peu importe le moyen que tu trouves, je ne veux pas que mon nom soit rendu public. »
« Oui, ne t'en fais pas. » répondit la princesse, méfiante de ce qu'il pourrait faire en guise de représailles.
Soudain, la princesse eut une idée.
« Voilà, j'ai trouvé ! Tu seras sous une couverture. Et quand tu iras tuer les méchants, ou lors de rencontres officielles, tu seras sous cette identité. Et ce sera à toi de faire en sorte que ton identité reste cachée ! »
La princesse, fière d'elle, demanda à Akaro ce qu'il en pensait.
Mais ce dernier ne fut pas du tout enthousiaste.
Face à cette réaction incompréhensible pour Yukiko, elle décida fièrement de marcher selon ses dires et appela un garde pour qu'il aille convoquer les conseillers et le chef de la garde.
En attendant que les convoqués rejoignent la princesse, Akaro fut prié de bien vouloir regagner sa chambre, en étant discret.
Ce dernier, qui en eut plus qu'assez d'être à l'intérieur, ouvrit les fenêtres et sortit par là, malgré la hauteur, pour rejoindre sa chambre en descendant les murs.
Cependant, une fois arrivé devant sa chambre, il réalisa que la fenêtre était fermée.
Agacé, il soupira.
Comme il ne voulait pas abîmer sa propre chambre en forçant l'ouverture ou en brisant les vitres, il n'eut d'autre choix que d'attendre qu'un serviteur vienne l'ouvrir.
Chapitre terminé
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