Contenu du chapitre
Les portes de l’ascenseur se refermèrent derrière nous.
Nous descendîmes vers l’accueil.
Sena observa les indications qui défilaient au-dessus de la porte.
— On passe vraiment par les lignes normales ?
— Oui.
Lorsque les portes s’ouvrirent, Yobath se trouvait près du comptoir d’accueil. Son regard passa de ma tenue à celle de Sena.
— Ne serait-il pas plus rapide d’emprunter la ligne royale ?
— Oui.
Il attendit la suite.
— Mais Sena doit observer le fonctionnement des accès ordinaires. La ligne royale supprimerait précisément les contrôles qui lui permettront de le faire.
Yobath inclina légèrement la tête.
— Dans ce cas, la ligne ordinaire est plus pertinente.
Je me tournai vers l’une des assistantes et lui tendis le badge personnel de Sena.
— Ajoutez une autorisation temporaire d’accompagnement jusqu’à la zone des Faucheurs, aller et retour.
L’assistante consulta son terminal.
— Accès aux zones intermédiaires ?
— Uniquement aux points nécessaires au trajet. Aucun accès autonome. L’autorisation reste conditionnée à ma présence.
Elle acquiesça et s’éloigna vers la mezzanine.
Sena regarda son badge disparaître entre ses mains.
— Donc même avec l’autorisation, je ne pourrai pas revenir là-bas toute seule ?
— Non.
— Et si je prends un autre chemin ?
— Le badge le refusera.
— D’accord. Là, c’est vraiment précis.
Quelques minutes plus tard, l’assistante revint et me remit le badge.
Je le tendis à Sena.
— Il restera valide jusqu’à notre retour dans le bâtiment central.
Elle l’accrocha à sa tenue.
Nous partîmes.
Lorsque nous traversâmes la cour du bâtiment central, plusieurs regards convergèrent vers Sena.
Prévisible.
Elle ne portait aucun uniforme et son badge indiquait une autorisation temporaire. Sa présence aux côtés d’un membre quittant le bâtiment central suffisait à produire une anomalie visible.
Les regards ne persistèrent pas.
Je me dirigeai vers le quai K-P.
Dans Kurokafu, chaque déplacement dépendait d’un périmètre précis. Le badge n’indiquait pas seulement une identité : il définissait les zones accessibles, les éventuelles restrictions et l’autorité ayant validé l’exception.
Nous atteignîmes le premier contrôle.
Deux Faucheurs occupaient le poste. Uniforme noir, armement tactique, scanner en main.
Je présentai mon badge.
Un bip net.
FS-K-0.
Mission : accompagnement.
Le premier Faucheur me laissa passer.
Sena s’avança à son tour.
Elle observa brièvement le scanner avant de présenter son badge.
Un second signal retentit.
L’écran afficha l’autorisation temporaire.
ACCOMPAGNEMENT OBLIGATOIRE.
TRAJET AUTORISÉ : K-P / SECTEUR FAUCHEURS.
AUTORITÉ : KUROKAFU.
Le Faucheur consulta mon identifiant, puis celui de Sena.
— Votre autorisation reste conditionnée à l’accompagnement de FS-K-0. Ne quittez pas le trajet enregistré.
— Compris, répondit-elle.
Il libéra le passage.
Aucune appréciation supplémentaire n’était nécessaire.
Le badge était valide.
Le trajet était autorisé.
Le contrôle avait rempli sa fonction.
Nous franchîmes plusieurs points similaires avant de rejoindre le tramway.
Les portes se refermèrent derrière nous.
À l’intérieur, rien ne bougeait vraiment.
Les mots se murmuraient, ou se devinaient.
Les conversations se faisaient par regards, par inclinaisons de tête.
Et toujours ce silence feutré, habité.
Sena attira quelques regards.
Ils se détournaient dès que les agents avaient vérifié son badge ou constaté qu’elle m’accompagnait.
Je l’observai par intermittence.
Elle regardait les uniformes, les points de contrôle, les indications des quais.
À plusieurs reprises, ses lèvres s’entrouvrirent avant qu’elle ne renonce à parler.
Lorsque deux agents passèrent devant moi sans modifier leur comportement, elle les suivit des yeux, puis regarda mon badge.
Quelques secondes plus tard, elle recommença.
Le tramway s’arrêta. Certains agents descendirent, d’autres montèrent.
Pas un mot.
Pas un geste inutile.
La mécanique restait fluide.
À l’image de l’horloge qu’elle devait être.
À chaque arrêt, des Faucheurs chargés du contrôle scrutaient les badges.
Même protocole.
Même rigueur.
Cet arrêt desservait les quartiers des Phoneutria.
Plus loin, le quai P-S menait vers le secteur des Saboteurs.
Notre destination se trouvait dans la zone voisine.
La zone des Faucheurs.
Lorsque nous l’atteignîmes, je ralentis.
Sena attendit que les agents les plus proches se soient éloignés avant de parler.
— « FS-K-0 », ça signifie quoi ?
— Faucheur, section Kurokafu, agent numéro zéro.
Elle regarda mon badge.
— C’est pour ça que personne ne t’appelle Kurokafu ici ?
— Mon identité civile et mon titre ne leur sont pas nécessaires pour effectuer les contrôles. Mon identifiant leur fournit les informations dont ils ont besoin.
— Donc même toi, tu passes par leur système.
— Oui.
Elle hocha légèrement la tête.
Un volume dépassait de sa poche.
Je le regardai.
Sena suivit mon regard et posa aussitôt une main dessus.
— Ce n’est pas une arme.
Elle sortit légèrement l’objet.
La fable que j’avais laissée dans mon bureau.
— C’est ton livre. Je comptais te le rendre.
Elle le remit dans sa poche.
— Depuis quand tu lis des fables ?
Je poursuivis ma marche.
Elle me suivit.
— J’allais dire que ça prouvait qu’il te restait un petit morceau d’enfance quelque part.
Elle marqua une pause.
— Mais je suppose que je recommencerais exactement ce que tu m’as reproché ce matin.
Je tournai légèrement les yeux vers elle.
— Oui.
— Alors je recommence. Pourquoi lis-tu des fables ?
— Parce qu’un raisonnement simple peut contenir une prémisse fausse aussi facilement qu’un raisonnement complexe.
Elle regarda la poche dans laquelle elle avait rangé le livre.
— D’accord. Ça, au moins, tu viens réellement de me le dire.
— Oui.
La roche brute restait visible sur une partie des parois. Les structures ajoutées répondaient uniquement à leur fonction : métal, béton, surfaces absorbant les impacts, cloisons mobiles.
Aucun élément décoratif.
La zone était divisée en modules indépendants mais connectés.
Chaque Faucheur possédait un terminal personnel relié à son Phoneutria de rattachement. Il indiquait les horaires, les exercices, les partenaires assignés, les objectifs mesurés et les périodes de récupération.
Les programmes différaient selon les fonctions et les performances observées.
Un tireur insuffisant au corps-à-corps ne recevait pas le même programme qu’un agent dont la précision diminuait sous fatigue.
Les données étaient ajustées après chaque session.
Les Phoneutria pouvaient déléguer certaines évaluations aux Faucheurs expérimentés, mais les résultats restaient enregistrés.
Aucune correction ne dépendait uniquement de la mémoire ou de l’autorité d’un instructeur.
Nous longeâmes les couloirs de tir.
Une cible surgit derrière une cloison mobile.
Deux impacts.
Elle disparut.
Plus loin, un autre agent travaillait dans une obscurité presque complète, guidé uniquement par des signaux sonores et vibratoires.
Les armes variaient selon les spécialités : armes de poing, fusils, lames, arcs et équipements silencieux.
À droite, deux Faucheurs s’affrontaient au corps-à-corps.
Les coups étaient réels.
Les protections limitaient les lésions qui n’apportaient rien à l’exercice.
Une ouverture laissée dans la garde produisait un impact. Une mauvaise réception produisait une chute. Une erreur avait une conséquence immédiate, mais la blessure n’était pas un objectif.
Former un Faucheur demandait trop de temps pour confondre destruction et progression.
Lorsqu’un seuil biométrique était dépassé, le terminal interrompait la séquence ou modifiait sa charge.
La douleur faisait partie des contraintes auxquelles ils devaient continuer à fonctionner. Elle ne constituait pas une méthode de récompense ou de punition.
Nous passâmes ensuite devant les modules d’escalade et de franchissement.
Les structures pouvaient se déplacer, se rétracter ou modifier leurs appuis pendant l’exercice. Certaines sections reproduisaient des surfaces instables, une visibilité réduite ou des contraintes électriques contrôlées.
Les sécurités n’empêchaient pas les chutes.
Elles empêchaient qu’une erreur d’entraînement rende inutilement un agent incapable de poursuivre sa formation.
Les salles de renforcement étaient plus simples.
Barres.
Charges libres.
Cordes.
Poids additionnels.
Peu de machines.
Le matériel recherchait la transférabilité vers leurs missions, pas le confort.
Au centre se trouvait le dôme.
Un espace circulaire destiné aux évaluations de combat et aux confrontations entre niveaux différents.
Les Faucheurs expérimentés y observaient les nouveaux et signalaient les défauts que leurs programmes individuels n’avaient pas encore corrigés.
La plupart des agents présents étaient jeunes.
Les hommes étaient majoritaires. Les femmes moins nombreuses. Les critères appliqués ne variaient pas selon cette différence.
Les conversations étaient rares pendant les exercices.
Personne n’interrompit son programme pour Sena.
Quelques regards vérifièrent sa présence.
Son badge suffisait.
Un Faucheur reçut un coup au visage à quelques mètres de nous.
Il recula, porta deux doigts à sa lèvre, vérifia le sang, puis consulta son terminal.
Le signal resta vert.
Il reprit.
Plus loin, un autre agent quitta immédiatement son module après l’apparition d’un signal rouge. Un Faucheur désigné l’accompagna vers la sortie médicale.
Ici, continuer malgré une douleur tolérable faisait partie du travail.
Continuer lorsqu’une blessure compromettait inutilement la récupération constituait une erreur différente.
La discipline ne reposait pas sur la présence permanente d’un supérieur.
Elle avait été intégrée au programme, aux contrôles mutuels et aux habitudes des agents.
Nous atteignîmes le fond du secteur.
Une cage d’escalier métallique descendait encore sous le niveau principal.
Aucune signalisation destinée aux visiteurs.
Trois niveaux.
Le premier regroupait les espaces de restauration. Les rations y étaient adaptées aux programmes physiques et aux besoins individuels des agents.
Le deuxième comprenait les vestiaires, les douches et plusieurs salles de récupération. Les Faucheurs momentanément incapables de reprendre leur programme y étaient évalués avant réaffectation, repos ou prise en charge médicale.
Le troisième était réservé aux entraînements nécessitant une autorisation spécifique.
C’était notre destination.
L’autorisation temporaire de Sena ne lui permettait d’y entrer qu’avec moi.
Au bas de l’escalier, le Faucheur assigné à ma séance attendait déjà.
Debout.
Immobile.
Un jeune adulte, à peine plus âgé que Sena.
Tenue noire tactique intégrale.
Renforts aux articulations. Tissu étanche et ignifugé.
Gants, bottes, gilet sans insigne.
Pas d’arme visible.
Il ne bougeait pas.
Derrière moi, Sena inspira comme pour parler.
Lorsqu’elle croisa son regard, elle referma la bouche et détourna les yeux.
Il s’adressa à moi.
Voix droite.
Posée.
— FS-8-927. Assigné à l’entraînement du jour par le huitième Phoneutria.
Il ne lui accorda aucun regard.
Je hochai brièvement la tête.
Il pivota et ouvrit une porte derrière lui.
Une araignée était gravée dans le métal.
Profonde.
Nette.
Sobre.
Cette salle exigeait une autorisation directe.
Il poussa la porte.
La pièce était vaste, rectangulaire, austère.
Un ancien petit gymnase transformé.
Le sol était quadrillé.
Une section par fonction.
Tout était ordonné.
Rien de trop.
Sur la gauche, un espace de musculation.
Bancs.
Barres.
Haltères.
Chaînes lestées.
Cordes suspendues.
Pas de machines automatiques.
Plus loin, un ring d’entraînement enfoncé dans le sol, entouré de tatamis noirs.
Combat au sol.
Corps-à-corps.
Sans arme.
À droite, un stand de tir.
Six couloirs.
Des armes à feu reposaient sous vitrine sécurisée.
Chaque couloir pouvait modifier la distance, l’éclairage et la vitesse des cibles.
Fusils.
Armes de poing.
Armes de précision.
Dans le fond, des vestiaires étaient intégrés à la structure.
Métal mat.
Bancs fixés au sol.
Sur un pan de mur, un module relevait les données biométriques en direct.
Fréquence cardiaque.
Temps de réaction.
Force d’impact.
Tout était conçu pour solliciter, corriger et mesurer.
Le regard de Sena passa du ring au stand de tir, puis à sa propre tenue.
— Je… je fais quoi, moi ?
— Tu observes.
Je retirai mes gants et mon badge, puis commençai l’échauffement.
Le Faucheur s’était écarté.
Il observait.
Corde.
Trente minutes.
Tractions lestées.
Squats dynamiques.
Pompes explosives.
Travail articulaire précis.
Activation.
Respiration.
Coordination.
La sueur apparut progressivement.
Une goutte atteignit mon menton.
Il me fit signe.
Sacs de frappe.
Coup droit.
Enchaînement.
Feinte.
Balayage.
Genou dans la hanche.
Retour.
Encore.
Et encore.
Mon coude monta trop haut.
Il entra immédiatement dans l’ouverture et frappa mes côtes.
Je corrigeai la garde.
À la limite de la zone d’entraînement, le stylo de Sena s’était arrêté au-dessus de son carnet.
Il reprit quelques secondes plus tard.
Mon appui se referma trop tard.
Une frappe sèche atteignit mon soléaire.
Je déplaçai mon poids plus tôt sur la séquence suivante.
Il n’expliquait pas chaque faute.
Il la rendait visible.
Une ouverture produisait un impact.
Un mauvais appui créait un déséquilibre.
Ce qui aurait produit une conséquence plus grave en mission en produisait ici une contrôlée.
La séance avançait, longue, brutale et régulière.
Mon souffle commença à se dégrader sur les dernières séquences.
Mes gestes perdaient quelques dixièmes en fluidité.
Il le constata.
La charge fut ajustée.
Pas réduite.
Modifiée pour vérifier si la perte venait de ma technique ou de ma récupération.
Après une heure trente de travail, il désigna le ring.
Sparring.
Je montai.
Lui aussi.
Premier contact.
Bras croisé.
Esquive.
Clé de bras.
Il conserva la pression.
Deuxième séquence.
Je lançai une feinte.
Il ne réagit pas.
Son genou atteignit ma cage thoracique.
Mon souffle se coupa.
Je restai debout.
Troisième séquence.
Prise d’élan.
Contre.
Projection.
Je heurtai le sol, la tête tournée au dernier instant.
Le choc fendit légèrement ma lèvre.
Un goût métallique se répandit sur ma langue.
Je me relevai.
Sena s’était redressée sur son siège.
Elle resta derrière la limite qui lui avait été indiquée.
Le Faucheur vérifia brièvement ma stabilité.
Le terminal ne signala aucun seuil d’arrêt.
Nous reprîmes.
Mes jambes commencèrent à répondre avec un léger retard.
Il accéléra pendant deux échanges.
Le retard augmenta.
Il ralentit aussitôt et mit fin à la séquence.
La réponse était obtenue.
Continuer n’aurait ajouté aucune information utile.
Il hocha la tête.
Fin du corps-à-corps.
La suite devait déterminer si la baisse affectait également ma précision.
Stand de tir.
Poste 3.
Cible mouvante.
Vingt-cinq mètres.
Éclairage faible.
Lorsque je pris l’arme, Sena recommença à écrire.
Trois séries.
Impact thorax.
Gorge.
Dérive.
Correction.
Recentrage.
Deuxième salve.
Plus nette.
Plus lente.
Plus concentrée.
Fusil semi-automatique.
Cinquante mètres.
Respiration contrôlée.
Une respiration.
Une détente.
Pas de précipitation.
C’était ici que mon corps répondait le mieux.
Après avoir tiré sur la dernière cible de la séance, je passai rapidement sous la douche.
L’eau froide chassa le sel de ma peau, mais pas la fatigue.
Je revêtis une tenue sobre : pantalon noir ajusté, chemise grise.
Je rangeai ma tenue d’entraînement dans un sac que je plaçai ensuite sur mon épaule.
Le Faucheur m’attendait déjà dans l’alcôve des relevés.
Il scanna mon badge.
Le terminal afficha les courbes des dernières séances.
Il activa la projection privée.
— Taux de récupération musculaire en baisse. Moins vingt-huit pour cent.
Il fit défiler les données.
— Temps de réaction visuelle : 0,42 seconde. Votre référence récente est à 0,37.
Je regardai les courbes.
Mon rythme cardiaque avait retrouvé son seuil habituel plus tard que lors des séances précédentes.
Il compara plusieurs valeurs.
Puis releva les yeux.
— Combien d’heures avez-vous dormi ?
— Une heure trente.
Il reporta son attention sur les données.
— Cela explique une partie de la baisse.
Il désigna les résultats du corps-à-corps.
— Continuer à vous entraîner dans cet état ne corrige pas la fatigue. Cela ajoute une charge à un organisme qui récupère déjà insuffisamment.
Il fit défiler une dernière courbe.
— Vous dirigez Kurokafu. Une diminution de votre lucidité ou de votre temps de réaction crée un risque qui dépasse cette salle.
Sa voix resta identique.
— Vous n’avez rien à démontrer en terminant une séance dans un état improductif. Vous devez revenir en état de progresser.
Il consulta le calendrier.
— La prochaine séance n’est pas validée.
Puis il releva les yeux.
— Dormez avant de revenir. Sinon, ne revenez pas.
J’acquiesçai.
La conclusion correspondait aux données.
Il scanna une dernière fois mon badge, valida le compte rendu et quitta l’alcôve.
Mon souffle avait retrouvé un rythme régulier.
Mes jambes tremblaient encore légèrement lorsque je me retournai.
Sena regarda d’abord la porte par laquelle le Faucheur venait de sortir, puis mes jambes.
— Il vient vraiment de dire à Kurokafu de dormir ou de ne plus revenir ?
— Oui.
— Et tu vas l’écouter ?
— Son évaluation est correcte.
Elle resta silencieuse quelques secondes.
— Pourquoi tu fais cet entraînement, alors ?
Je rangeai mes gants.
— D’après les archives et les informations transmises par ma mère, mon père a pris la place de Kurokafu par la force. Il cumulait la direction, la stratégie et une partie des fonctions d’exécution parce qu’il refusait de déléguer ce qu’il estimait pouvoir accomplir mieux lui-même.
Sena attendit.
— Il s’entraînait dans cette zone et affrontait régulièrement les meilleurs Faucheurs disponibles.
— Pour rester capable de se défendre ?
— Ce n’était pas sa justification principale.
Je refermai mon sac.
— Il appelait cela « rappeler à la meute qui commande ».
Sena fronça légèrement les sourcils.
— Donc il venait battre ses propres agents pour leur rappeler qu’il était au-dessus d’eux.
— Oui.
— Et toi, tu fais la même chose sans chercher à les battre ?
— Je n’ai aucune utilité à démontrer une supériorité physique sur les Faucheurs.
Je plaçai le sac sur mon épaule.
— En revanche, une personne occupant ma fonction doit pouvoir se déplacer, se défendre et continuer à agir dans certaines situations sans mobiliser systématiquement un agent pour compenser ses insuffisances.
Elle regarda de nouveau mes jambes.
— Donc tu t’entraînes pour ne pas devenir un poids.
— Pour ne pas créer une dépendance évitable.
Elle souffla légèrement du nez.
— C’est exactement la même chose formulée par toi.
Je ne répondis pas.
Elle poursuivit :
— Et les trois séances par semaine ?
— C’est actuellement le meilleur compromis entre le maintien des capacités nécessaires, la récupération et le temps consacré à mes autres fonctions.
Elle jeta un regard vers la porte.
— Sauf quand tu dors une heure trente.
— Oui.
Je repris le chemin inverse.
Sena me suivit.
FIN DE CHAPITRE
Seuil franchi
Votre progression est enregistrée.
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