Quand je me réveille, il est déjà midi. Je me change, me lave, puis quitte ma chambre pour me rendre dans mon restaurant habituel.
Dans la zone neutre, sur la place publique, je croise la Veuve Brune, qui semble venir de la zone centrale. Je l’aborde en premier, car elle ne m’a pas remarqué.
« Comment tu vas ? » lui demandé-je en m'asseyant à ses côtés.
« Oh, tu es là. Je vais très bien, et toi ? »
« Bien aussi. Tu n’es pas morte finalement. Tu as même pu boire un vin de très bonne qualité. »
« Haha, oui, c’est l’avantage d’être une belle femme. On nous offre toutes sortes de produits haut de gamme. »
« Tu n’as pas couché pour arriver à tes fins, tout de même ? »
« Non pour qui tu me prends, je n’ai pas eu besoin de ça. Ils étaient pressés, donc m’ont juste laissée dans la chambre avec une bouteille pour patienter. »
« Et si elle était empoisonnée ? »
« Je serais morte. »
« Tu n’as plus rien à perdre, toi. »
« Est-ce que les agents de Kurokafu ont encore quelque chose à perdre ? Qu’avons-nous de précieux à garder, alors que nous avons déjà donné notre vie ? »
Ses paroles me font réfléchir profondément. En fin de compte, pourquoi vivons-nous ? Pourquoi devrions-nous nous attacher à notre vie ? Si nous continuons à nous lancer dans des missions risquées, c'est que nous ne tenons déjà plus à la vie. Les précautions que nous prenons ne visent qu’à assurer le succès de la mission, et non pas notre survie.
« Tu es encore là ? » demande-t-elle en me sortant de mes pensées.
« Oui. »
« Je ne parlais pas à toi. Le Faucheur est là. »
Il se tenait juste derrière nous, écoutant notre conversation. « On se croisera tout le temps ? » dit-il.
La Veuve Brune se lève et s’écrie : « Allons manger ! Fêtons le succès de la mission ! »
« Il y avait déjà une fête hier. Tu veux en refaire une ? »
« Pardon ?? » réplique la Veuve Brune, visiblement contrariée.
Nous nous dirigeons vers le restaurant où je comptais aller initialement. En mangeant, le Faucheur nous raconte ce qui s’était passé de son côté à la demande de la Veuve Brune. Mais je n’écoute pas vraiment. Je suis perdu dans mes réflexions. À cette table, je réalise que je donne ma vie à une organisation dont je ne connais même pas le chef. Paradoxalement, quelque chose en moi aime cet environnement. Je suis bien payé, grâce à ma dernière mission effectuée, je peux bénéficier de congés réguliers, et malgré cela, je ressens un vide.
Après mes deux semaines de congés, je pense avoir la réponse : ce qui me rend vide, c’est que je n’ai aucune identité. Si l’empreinte est une marque qui rend chaque individu unique, moi, j’ai perdu la mienne dès mon entrée dans cette organisation.
La Veuve Brune me jette son mouchoir sur la tête. « Qu’est-ce que t’as, Luminara ? »
« J’ai une question pour vous deux. »
Mon sérieux soudain capte immédiatement leur attention. « Qui parmi vous a déjà rencontré le chef ? »
Le Faucheur et la Veuve Brune se regardent comme si ma question était incongrue. Le Faucheur répond d’un ton neutre :
« Je n’ai jamais vu le chef. Je ne sais même pas si mon supérieur l’a déjà vu. Ce ne sont pas des questions que se posent les Faucheurs. »
La Veuve Brune, avec un sourire énigmatique, ajoute : « Pourquoi ça t’intéresse tout à coup ? »
« Un peu de curiosité ne fait pas de mal. » Je regarde le Faucheur comme pour signaler sa réponse : « Je sais, la curiosité dans notre milieu peut être dangereuse. Mais je ne pense pas que cela me tuera. »
Le Faucheur me fait un signe de la main, comme pour dire ‘J’aurais essayé’.
La Veuve Brune reprend une bouchée de son plat et ajoute : « Je suis passée dans sa maison tout à l’heure pour donner la bouteille de vin qu’on m’avait donnée. D’après une collègue, ce vin est très rare. »
Même le Faucheur semble intéressé. Il demande promptement : « Décris-nous Kurokafu. »
« Oh, mais vous imaginez quoi ? Qu’il allait me recevoir en personne ? Je ne suis qu’une Veuve Brune. Un peu de traitement de faveur, oui, mais pas à ce point. Quoique… Il y en a qui l’ont déjà vu parmi les Veuves Brunes. Mais moi, j’ai été reçue par l’un de ses majordomes. »
Évidemment, je ne saurais jamais pour qui j’ai travaillé.
Fin du récit
L’interrupteur claque. La scène s’interrompt brusquement, comme un disque rayé. Le texte sur la page se floute, puis se stabilise pour révéler un bureau en désordre.
Une femme, agacée, jette le manuscrit sur le bureau. « Vous essayez de me faire croire que ça se termine comme ça ?! »
« C’est la fin du récit, que tu le veuilles ou non. » répondit la Veuve Brune d’un ton impassible.
« Ces quelques pages, le récit de tout une vie ? Ne me faites pas marcher ! » Julia regarda autour d’elle, visiblement perturbée.
La Veuve Brune, toujours présente, jeta un regard ennuyé au Faucheur. « C’est toi qui tenais tant à venir ici. » pensa le Faucheur.
Elle soupira et se tourna vers Julia : « Julia, je me suis battu, tu ne sais pas comment pour pouvoir te montrer ses mémoires. Le chef a lu, et a retiré énormément d’informations. Estime-toi heureuse d’avoir pu lire ce que tu as lu. »
Julia, déconcertée, « Et maintenant ? La suite, c’est quoi ? Vous allez me tuer ? »
« Je ne sais pas, c’est le Faucheur qui a été mis au courant de ton sort. »
Julia regarda le Faucheur, l’air perplexe. « Laisser la suite entre les mains d’un Faucheur, c’est un euphémisme pour me dire que je vais mourir. »
« Tu ne lis pas le dernier message ? » s’interrogea le Faucheur.
« Il y en a un ? La Veuve Brune m’a dit le contraire ! »
« Non. Je t’ai juste dit que c’était la fin du récit. Le message à la fin est un message qu’il a écrit en avance. On ne sait jamais quand on va mourir, donc il a eu raison. »
Julia feuillette les pages pour se rendre à la fin.
“
À celui ou celle qui lira ces mots,
Si tu es arrivé jusqu’ici, sache que ce récit est le reflet d’une vie pleine de contrastes, de passions et de luttes. J’ai écrit ces lignes pour laisser une trace, une part de moi-même, à ceux qui pourraient un jour comprendre ce que j’ai vécu, même si je ne les ai jamais rencontrés.
Je ne sais pas qui découvrira ces pages, mais je souhaite que ces mots trouvent un écho dans ton cœur. Peut-être y trouveras-tu des réflexions qui résonnent avec tes propres expériences, ou peut-être ces lignes te rappelleront-elles que chaque vie est une histoire en soi, pleine de mystères et de révélations.
Je te laisse ces pensées, en espérant qu’elles t’apporteront une compréhension, une consolation ou simplement un moment de réflexion.
Avec sincérité,
Un inconnu
”
En lisant ces mots, les larmes commencèrent à couler sur les joues de Julia. Une vague de tristesse intense la submergea. La Veuve Brune et le Faucheur, témoins de la scène, baissèrent la tête en signe de respect.
« C’était un bel homme… Physiquement comme intérieurement. Un homme qui avait encore beaucoup à vivre, un homme dont je suis tombée amoureuse. Malgré le fait que je ne sache rien de lui. » murmura Julia, la voix brisée.
La Veuve Brune la regarda avec compassion. « Tu as aussi marqué sa vie d’une certaine façon. Il s’était sincèrement attaché à toi. C’est sa rencontre avec toi qui l’a fait voir sa vie de Luminara différemment, et vide de sens. » répondit la Veuve Brune.
Julia, séchant ses larmes, demanda d’une voix frêle. « Qu'allez-vous me faire maintenant ? »
La Veuve Brune recula pour se placer dans le fond de la pièce, laissant la suite entre les mains du Faucheur.
« Trois options s’offrent à toi. La première, la plus directe, est la mort. La seconde est que nous t’assommons et effaçons toute preuve de ce que tu as vu. Tu te souviendras de Kurokafu et du Luminara, mais tu n’auras aucune preuve de ce que tu as appris ou vu, ce ne sera qu’une histoire. La troisième option est de rejoindre Kurokafu. »
Julia réfléchit un moment, l’incertitude visible sur son visage. « Donc, il me semble qu'il me reste deux choix. »
« Non, il y a bien trois options, » répondit le Faucheur avec une touche de froideur.
« Est-ce qu’il fait exprès ?... »
Julia se pose sur son bureau, et regarde l’heure, tout en étant perdue dans ses pensées. « Je ne sais pas pourquoi est-ce que je vous rejoindrais… Je pourrais laisser tout ça derrière moi, et continuer à vivre ma vie. »
« C’est une option, » acquiesça le Faucheur. « C’est aussi ce que l’auteur de ce récit te conseillerait. Rester à l’écart de tout cela. »
« Et toi, que me conseilles-tu ? » demanda Julia, fixant le Faucheur avec intensité.
« Je te dirai de nous rejoindre pour renforcer nos rangs, et surtout pour remplir le vœu de notre chef. »
« Vo–Votre chef ? Que veut-il ? »
« J’allais y venir. En examinant les mémoires du Luminara, notre chef a constaté que ses agents manquaient de rêves. Il souhaite savoir ce qu’un agent pourrait devenir en poursuivant ses propres aspirations tout en travaillant pour Kurokafu. Comme tu es décrite comme très ambitieuse, il veut te donner la chance de réaliser tes rêves tout en devenant une agente accomplie. »
« Mon ambition ? Devenir une journaliste reconnue ? » demanda Julia, incrédule.
« Oui, c’est bien ce qu’indiquait le récit du Luminara. »
Julia jeta un coup d'œil à l’heure et se tourna vers le Faucheur. « Je suppose que je dois donner une réponse maintenant. »
« Oui. Le chef attend à l’extérieur. »
« Hein !? Le chef est là ?! Juste à l’extérieur ???? » pensa la Veuve Brune. Elle poursuivit avec surprise « Le chef se déplace en personne ?? Comme ça !? »
« Oui. »
Julia prit une profonde inspiration avant de déclarer avec détermination : « Je refuse de rejoindre Kurokafu. »
« Pourrais-je connaître tes raisons ? » demanda le Faucheur.
« Je suis une journaliste dans l’âme. Les secrets que je découvrirais dans votre organisation ne resteraient pas protégés avec moi. Je sais que mon âme finirait par trahir le secret professionnel, surtout que vous tuez des gens. Et je n’ose imaginer comment vous, les Faucheurs, êtes formés. »
« Je comprends. C’est donc ta décision finale. Le Luminara serait fier de toi, » dit le Faucheur avec respect.
Julia esquissa un sourire faible avant que le Faucheur, d’un coup sec à la nuque, l’assomme. Il la soutint pour éviter une chute violente et commença à fouiller ses affaires pour éliminer toute preuve liée à Kurokafu. Il s’assura qu’elle n’avait aucun dispositif d’enregistrement avant d’appeler les pompiers. « Il y a un incendie, » annonça-t-il.
Ils quittèrent la maison avec Julia et mirent le feu à tout, faisant passer l’incendie pour un accident domestique. Dehors, un énorme fourgon et cinq autres Faucheurs attendaient devant.
« Donc c’est là-dedans qu’est le chef ?... cinq Faucheurs ?... Il doit y en avoir plein d’autres dedans. » pensa la Veuve Brune.
Le Faucheur qui portait Julia leur fit un signe, tout en leur remettant le livre du Luminara. Les cinq autres comprirent la décision qui avait été prise et retournèrent dans le fourgon. Après quelques instants, ce dernier s’en alla, laissant le Faucheur, la Veuve Brune et Julia derrière eux.
Les deux personnages furent pris en charge par un autre Caméléon. Ils déposèrent Julia dans un hôtel discret avant de disparaître dans la nature. La nuit tomba lentement sur des montagnes reculées, enveloppant les lieux d'une obscurité sereine.
La Veuve Brune, assise seule, contemplait la pleine lune en sirotant une boisson. À proximité, le Faucheur lançait des couteaux avec précision dans l'horizon étoilé.
« Dis, tu pourrais arrêter un moment ? » demanda brusquement la Veuve Brune, agacée par le bruit répétitif des lames frappant leur cible.
Sans répondre immédiatement, le Faucheur rangea ses outils avec un soupir et s'assit à côté d’elle. « Je n’ai pas vu le chef. Alors, arrête de penser que je te cache son apparence. »
« Je n'y crois pas ! Comment as-tu eu toutes ces directives alors ? » s’exclama-t-elle, l’incrédulité perceptible dans sa voix.
« C’est mon responsable Phoneutria qui me les a transmises, » répondit-il avec ennui, visiblement lassé par la répétition des questions.
« Très bien, je te crois. Peut-être que le chef est juste timide ? » plaisanta-t-elle pour alléger l’atmosphère.
« J’en doute. Mes camarades l’ont vu, et je ne pense pas qu’ils obéiraient à quelqu’un de– »
« C’était une plaisanterie. » corrigea-t-elle.
« Ah. »
La Veuve Brune reprit un ton plus sérieux. « C’est quand même étonnant ce que le chef a décidé pour Julia. Jamais aucune information sur Kurokafu ne devrait être divulguée, et pourtant, il l’a permis. »
« Il a ses raisons, » répondit le Faucheur, l’air distant.
« Mais ça ne t’intrigue pas ? » insista la Veuve Brune.
« Quand on m’a dit qu’elle aurait trois options, oui, ça m’a surpris. Mais les motivations des supérieurs ne nous regardent pas vraiment. »
« Oui, c’est vrai. Je suppose qu’ils ne prennent pas de risques. Au mieux, Julia écrira une histoire sur ce qu’elle a entendu, mais ça ne sera jamais crédible pour nous poser problème. »
« C’est exactement pour ça qu’on lui a laissé le choix. Les histoires sur Kurokafu abondent, et elle ne représente pas une menace réelle, comme l’avait mentionné le Luminara. »
« Le Luminara était un génie, vraiment. Écrire tout un livre sur sa propre vie pour perdurer dans les mémoires des gens, c’est un luxe que nous n’avons pas. Il se l’est octroyé sans problème. Je suis jalouse. »
« En tous les cas, à notre mort, nous resterons dans les souvenirs du chef. Donc aucune utilité d’écrire quoi que ce soit comme il l’a fait. »
« Comment ça ? » demanda la Veuve Brune, intriguée.
« Je suis encore nouveau, donc je ne sais pas depuis combien de temps cela dure, mais lors de l’épreuve de sélection, le chef a mentionné le nom, prénom et âge de tous ceux qui sont morts. »
« Tu insinues que le chef connaît tous les membres de l’organisation ? » s’étonna-t-elle.
« Au moins tous les défunts. Nous sommes beaucoup à le penser. Ça ne m’étonne pas, » répondit le Faucheur avec une certaine admiration.
« Oh mon Dieu... Nous avons un chef incroyable ! Ça me donne encore plus envie de le connaître ! Mais tu sembles en savoir beaucoup. As-tu un autre détail intéressant à partager ? Une parole sage qu'il aurait dite ? »
« Non, » répondit le Faucheur, restant implacable.
« T’es vraiment inutile, » soupira la Veuve Brune avant de se lever et de se diriger vers la voiture.
Après un certain temps, ils reprirent la route pour rejoindre leur repère. Les deux attendaient maintenant un wagon.
« On ne devrait plus se parler, » déclara le Faucheur. « S’attacher à des collègues est la pire chose à faire. »
« Tu penses que le Luminara aurait été d’accord avec ça ? » demanda la Veuve Brune en haussant les sourcils.
« On se moque de l’avis d’un mort. Et puis, il était un agent de Kurokafu, donc je pense que oui. »
« Tu as raison. Dès qu’on entrera dans ce wagon, nous ne nous connaîtrons plus. Est-ce que cela te convient mon cher ? »
Au même moment, le wagon arriva sur le quai avec un grondement lourd.
« Parfait. » répondit le Faucheur avec une froideur calculée.
La Veuve Brune, avec un sourire provocateur, lança : « Ne meurs pas, le Faucheur. »
« Toi aussi, » répliqua-t-il brièvement.
Ils montèrent ensemble dans le wagon, se séparant immédiatement comme des inconnus.
Dans une grande librairie, quelque part, des individus pénétrèrent par une entrée apparemment condamnée. La pièce s’ouvrit sur une vaste salle sombre, où des étagères à perte de vue étaient garnies de livres soigneusement entretenus. Au centre, un simple bureau éclairé par une lampe trônait.
Une bibliothécaire, l’air éberlué, entra dans la pièce. En voyant les lieux animés, elle s’exclama : « Ku–Kurokafu ? C’est vraiment vous ?? »
« Donnez-lui la mémoire du Luminara ainsi que son livre de vie. Rangez le livre de mémoire avec les autres Luminara et placez le livre de sa vie sur mon bureau. Mettez-y une étiquette rouge pour que je sache qu’il doit être lu dès que possible, » ordonna la personne tout en s’asseyant au bureau.
La bibliothécaire prit les livres des mains des Faucheurs et se précipita pour les ranger. À peine avait-elle terminé qu’elle s’éclipsa : « J’avais entendu dire que Kurokafu venait souvent en personne ici, mais je ne m’attendais pas à ça… dès mon deuxième jour !! C’est trop pour une nouvelle Caméléon ! »
Un Phoneutria et un Argiope firent leur entrée dans la salle. Le Phoneutria, l’air grave, s’adressa à Kurokafu : « Nous venons pour faire le point. L’un de mes Distordica a retrouvé le coupable. Que devons-nous faire ? Nous savons où se trouve la personne, je peux envoyer un Faucheur sur place. »
Kurokafu, qui savourait un vin délicat, écouta attentivement et demanda : « Décrivez-moi l’assassin. »
« Une vieille dame. Elle est ridée, a les cheveux gris et porte des lunettes marron. Elle a un fils dans la trentaine en prison et une fille dont elle est sans nouvelles, » expliqua le Phoneutria.
« Comment est mort le Luminara ? » demanda Kurokafu.
L’Argiope se racla la gorge avant de répondre : « Une Veuve Brune, qui était à ses côtés, a confirmé qu’il s’agissait d’un accident de voiture. Un Faucheur a donné la même version. »
« Je vois, » murmura Kurokafu en posant son verre. « Serait-ce, par hasard, la même Veuve Brune qui m’a donné ce vin ? »
Le Phoneutria répondit : « Comment le saurais-je ? Son code était VBA50490138. »
« Oh, c’est elle. Faites-moi penser à la remercier pour ce vin de haute qualité. »
« Si vous deviez faire ça pour tous les cadeaux que vous recevez… »
« On m’offre rarement du vin. C’est toujours moi qui m’en procure ou en demande. Et puis je n’ai jamais goûté celui-ci. Elle mérite une récompense. De plus, je crois savoir qu’elle avait envie de me voir. Peut-être pourrais-je me montrer à elle, qu’en pensez-vous ? »
« Faites comme bon vous semble, mais évitez de trop vous dévoiler. Votre identité doit rester le plus secret possible. »
« Je n’imagine pas sa réaction… C’est assez difficile. » Kurokafu commença à feuilleter le livre posé sur le bureau. « La mort de ce Luminara est finalement la chose la plus normale qu’il ait vécue. D’après ce que j’ai lu de ses mémoires, il devait être satisfait de cette fin. »
Le Phoneutria, manifestement impatient, répéta : « Que dois-je faire ? Dois-je envoyer un Faucheur ? »
« Non. Laissez cette dame en paix. »
« Est-ce en raison de sa situation que vous la prenez en pitié ? » demanda l’Argiope, perplexe.
« Non. Sa vie est triste, mais ce n’est pas une question de pitié. Elle a rendu service à l’un de mes Luminara. Peut-être lui sommes-nous redevables ? »
Le Phoneutria, visiblement agacé, répondit : « Ne dites pas de bêtises, s'il vous plaît. »
Avec un léger sourire, Kurokafu conclut d’un ton ferme : « Allez, sortez. Je vais commencer ma lecture, »
L’Argiope et le Phoneutria répondirent en chœur : « Bien. » Tandis qu’ils quittaient la salle, les dix Faucheurs prenaient position pour surveiller les lieux. Ils restèrent debout en silence, attentifs à chaque bruit.
« Bien, voyons voir ta vie, mon cher Luminara. Qui étais-tu ? »
FIN DE CHAPITRE
FIN DE LUMINARA
Chapitre terminé
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